La démarche

L’idée est, par une approche artistique et sociologique, autant sur le plan social que sociétal, de questionner les vanités contemporaines, le caractère éphémère des choses, voire la futilité des préoccupations humaines.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels n'est que fortuite.

Quelques références : les vanités, les cabinets de curiosités, les ready made, Christian Boltanski, Sophie Calle, Claude Lévêque, Martin Paar...

lundi 21 mars 2011

Printemps, Vanité n°1112

Bouleversée, Anne Hecdoth vous fait part de la fin du Printemps des poètes. En écoutant la mer, elle siffle son parfum et derrière l'écran des objets amers elle en fait tout un plat. Qui la comprendra ?
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MOI ! (Juliette C.)
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En écoutant la mer "et en goûtant l'amer", tu te contemples dans le miroir abscons des fils et dentelles... Je m'y perds ! Help ! "Délabyrinthez-vos sentiments", comme dirait Cyrano qui, en fait de parfum, avait du nez ! Bref, moi zossi, je "déblogue" complètement ! (l'Artis'Anne)
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En filant la métaphore dans le miroir, on trouve des colliers de perles ou des coquilles... dit le critique jaloux au poète qui n'en a cure. (Anny C.)
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Moi ! Car tu es une bien belle personne... (Sophaille)
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Qui la comprendra ?  En tous cas, pas moi !!! (Cécile B.)
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Les poètes, Dieu, le Diable, moi ??? (Cathy P.)
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Cette main en forme de Pacman, va-t-elle attraper les coquillages et les enfiler en collier, ou bien cela ne sert-il qu'à nous embobiner en portant à notre oreille un poème vide ? (Marc V.)
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D'un poème entraperçu dans une devanture,
notre Anne tire un autre poème sans fioritures,
Certes, des poètes, le printemps s'achève...
mais la poésie n'est-elle perpétuel printemps ?
Qu'importent les saisons ! Les vagues chantent encore
et les parfums alors ?
Qu'emportent les vents au loin les sonnets,
les feuillets, d'un printemps figé, imposé...
Rejetons au loin l'amer à la mer.
En nos cœurs poètes
le printemps reste à perpète
(David-Emmanuel L.)
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Reçois mes plus sincères condoléances, Anne. Je crois que tu nous annonces, de façon très pudique, et très élégante, la disparition d'une personne très proche et très chère. Il s'agit d'une femme, comme l'évoquent ces fascinants coquillages, et l'ombre que l'on aperçoit en filigrane. Les bobines de fil m'évoquent celui de la vie, que l'implacable Atropos finit toujours par trancher. Les flacons de parfum vide suggèrent la fin d'une vie féminine. L'allusion à l'étendue des flots marins et le mot dont tu qualifies ces objets disent, à qui veut seulement les entendre, de qui il s'agit. "L'Origine du monde", comme le disent aussi les coquillages. Mes condoléances les plus émues, Anne. (Judas Priest)
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L'immense dimension artistique de cette image réside dans sa distribution en deux plans. À cause de sa netteté, les objets agencés au premier plan semblent appartenir à ce monde, tandis que le flou du second plan en suggère l'irréalité. Pourtant c'est l'artiste qu'on aperçoit derrière ce rideau diaphane, qui n'est autre que le miroir face auquel elle se photographie elle-même.*
Donc ne nous méprenons pas : si l'artiste bien vivante est là où elle se tient, de l'autre côté de cette frontière immatérielle, c'est que nous sommes en fait dans l'au-delà.**
Depuis l'autre côté du miroir, qu'elle est parvenue à nous faire traverser l'espace d'un cliché, il semble qu'en prenant cette photographie elle souhaite conserver un souvenir, et peut-être aussi adresser un au-revoir.
* Ce qui n'est pas sans évoquer Velázquez dans "Les Ménines".
** À la manière de "The Others", avec l'inoubliable Nicole Kidman, nom dont un des anagrammes est curieusement Odile Nickman (ou Mannick). (Frankie Lee)
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2 commentaires:

  1. J. CROIX, critique et historien de l'art22 mars 2011 à 07:10

    L’image montre une vitrine d’objets insolites (un coffre décoré de cauris et autres petites coquilles de mollusques maritimes, un coquillage exotique, des bobines de fils, des bouteilles vides de parfum sur l’une desquelles on peut lire le mot "poème"…) dans laquelle se reflète l’artiste. L’on voit aussi dans le reflet une fenêtre fermée, habillée d’un rideau de dentelles.

    Le texte fait allusion
    - à la déprime saisonnière de l’artiste
    - à la 13ème édition du Printemps des poètes qui se termine aujourd’hui, 21 mars, premier jour du printemps
    - au jeu de mots entre l’amer, la mer (qu’on entend dans le coquillage) et, peut-être aussi, la mère…
    - au jeu de mots entre parfum et pare-fin pour signifier la vie qui n’est, en somme, qu’une lutte contre la finitude inéluctable
    - aux écrans plats et autres nouvelles technologies qui, trop souvent, frustrent l’artiste, voire la mettent en colère
    - à l’incompréhension de ses proches

    Le rapport texte/image évoque la vanité dans tous ses états et la futilité de l’existence qui, finalement, ne tient qu’à un fil.

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  2. J. CROIX, critique et historien de l'art22 mars 2011 à 18:35

    L'artiste est très touchée par le commentaire de Judas Priest.

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