La démarche

L’idée est, par une approche artistique et sociologique, autant sur le plan social que sociétal, de questionner les vanités contemporaines, le caractère éphémère des choses, voire la futilité des préoccupations humaines.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels n'est que fortuite.

Quelques références : les vanités, les cabinets de curiosités, les ready made, Christian Boltanski, Sophie Calle, Claude Lévêque, Martin Paar...

lundi 20 juin 2011

Bande-annonce, Vanité n°1125


Pour la fête de la musique, Anne Hecdoth s'emploie à offrir l'air et la chanson : voici l'offre envoyée par Pôle Emploi à un jeune ingénieur diplômé d'une Ecole nationale d'ingénieurs, de l'Ecole supérieure des Télécommunications et d'HEC School of management, ayant les expériences professionnelles suivantes : développement d'un système temps réel embarqué pour le secteur médical ; chef de projet : développement d'un magnétoscope numérique sur réseau IP ; consultant : lancement d'un site web E-Commerce ; directeur technique : mise en place d'un département R&D :

"Le Rectorat recrute, pour CDD de quelques jours à maximum 10 mois, des personnes susceptibles d'enseigner en  Economie et Gestion. Formation exigée : Licence d'Economie et de Droit, Diplôme d'Etudes Supérieures de Comptabilité (DESC), Licence de Marketing, Licence Information et Communication."

Si Pôle Emploi est aussi efficace dans le ciblage de ses campagnes d'e-mailing, comment pourvoira-t-on aux 17000 postes de professeurs créés at subito après leur suppression par l’Education nationale ?
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Hélas le concept est tout autre : on appelle cela la déqualification. Mais à quoi bon se prendre la tête ? Il serait plus rapide de tout délocaliser en Chine ! (David-Emmanuel L.)
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Enseignés, saignez, il en restera toujours quelque chose... (Anny C.)
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A mon sens, c'est une des vanités les plus réussies de notre chère Anne Hecdoth : porte ouverte sur ce rapport dialectique entre l'ordinateur qui semble écraser les autres éléments dont la douceur est, du coup, violentée par la toute puissance de l'ère digitale ; ou bien, dépassant cette idée bien trop commune, c'est le chaos des formes, l'hiatus visuel entre ce que nous devons accepter et le subtil arôme de roses qui enveloppe notre passé. Vous l'aurez remarqué : un ordinateur ne sent rien. On ne peut écrire un poème à sa beauté, composer un air de piano à sa grâce, on ne peut que s'en servir... (Marie-Hélène B.)
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Anne Artiste Anne, quelle vanité vous inspire les images de la campagne de recrutement du MEN ? (Ella)
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@ Ella : moi, ça me tue ! (Odile C.)
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Pôle emploie
Paul sans emploi,
et Paul ploie.
Paul enseigne en se saignant.
Quelle veine, dit Paul en se signant. Amen.
Mais nos politiques
sans éthique
ont la peau lisse et bien polie :
ils saignent le Paul et nos emplois.
Enseignants, ne soyons plus polis !
Soyons polissons !
Lançons la polémique et virons ces polichinelles !
Ils nous polluent ! (Juliette C.)
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1) Tout est obscurci par les idéologies qui nous habitent. Un bon morceau de réalisme, agrémenté d'une pincée de cynisme, et surtout sans la moindre goutte de vanités idéologiques, mmmmh, voilà le secret de la magique potion de lucidité, qui a le bon goût de nous ramener sur terre.
2) Recette des champignons à la grecque : Prenez des champignons de Paris et faites-les vivre au-dessus de leurs moyens pendant quelques décennies. Vous finirez par vous rendre compte qu'ils deviennent toxiques. Peut-être va-t-il falloir admettre que pour vivre sereins il vaut mieux dimensionner ses dépenses à ses ressources ? Autrement dit, cesser de vivre à crédit ? 
(3) Et donc "dégraisser le mammouth"... Puisque de toute façon la réussite scolaire est largement corrélée au niveau d'intelligence, lequel est en grande partie déterminé génétiquement, pourquoi continuer dans l'illusion que cette réussite dépendrait de la qualité des professeurs ? On sait bien que, quelle que soit cette qualité, les gamins les plus intelligents s'en sortiront toujours, et les autres moins bien. (Alexis de T.)
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1 commentaire:

  1. J. CROIX, critique et historien de l'art20 juin 2011 21:55

    L'image montre, en désordre sur un bureau, un mini-ordinateur portable ouvert mais paradoxalement fermé (éteint), un soliflore contenant une rose blanche épanouie, un diplôme de doctorat avec sa médaille enrubannée et sa boîte ronde cuivrée, une photo de deux universitaires se faisant l'accolade et, à l'arrière plan, une partition musicale ouverte sur un présentoir.

    Le texte fait allusion
    - à la trentième édition de la fête de la musique
    - aux offres d’emplois
    - à l'apparence ambitieuse des offres de Pôle Emploi et à la réalité de l’anecdote

    Le rapport texte/image évoque la vanité des diplômes, des passions, des offres d'emplois et des chercheurs de têtes.

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