La démarche

L’idée est, par une approche artistique et sociologique, autant sur le plan social que sociétal, de questionner les vanités contemporaines, le caractère éphémère des choses, voire la futilité des préoccupations humaines.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels n'est que fortuite.

Quelques références : les vanités, les cabinets de curiosités, les ready made, Christian Boltanski, Sophie Calle, Claude Lévêque, Martin Paar...

mercredi 22 janvier 2014

Notoriété, Vanité n°1403

Sans avouer qu'elle est la moins connue des artistes inconnus et qu'elle se ment et se manque à elle-même, Anne Hecdoth demande de ses nouvelles. Combien de rosiers avortent avant d'avoir parfumé ?
***
Chère Anne Hecdoth,
Comme tu m'en demandes, voici quelques nouvelles de toi :
Tu nourris tes souvenirs comme des enfants chéris (jolie chaise de bébé...)
Tu as la nostalgie de tes  courses en mer (choupinette la maquette)
Tu as sûrement quelque amant planqué dans ton armoire (d'origine indiscernable, l'amant aussi probablement)
Tu devrais arroser tes plantes (je sais que Vilmorin est un de tes sponsors)
Tu es plus sexy que Velazquez (mais tu n'as pas sa belle moustache)
Je suis contente de savoir que tu es bien chauffée... (Marie-Hélène B.)
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Un vanité comme on les aime, simple et efficace. Une belle image, un beau texte, comment ne pas désespérer ? Bravo ! (Jacques B.)
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Vous voulez donc qu'on coure l'épine. (Juliette C.)
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Silence
- « Nommez-moi un artiste ! »
- « Picasso ! » Taux de notoriété spontanée
- « Connaissez-vous Picasso ? »
- « Oui ! » Taux de notoriété suggérée
- « Nommez-moi une fleur !»
- « Une rose ! »  Quelle spontanéité !
- « Ça sent quoi la rose ? »
 … silence…
un parfum de silence, un de ceux qui ne se laisse pas dire avec des mots… à moins que ceux-ci soient notoirement inconnus…
- «  Combien de rosiers avortent avant d’avoir parfumé ? »
… silence… (Benoît D.)
***

1 commentaire:

  1. L’image montre un coin de pièce. Devant un radiateur blanc, l’on voit une orchidée, dépourvue de fleurs, dans un pot rose placé sur un guéridon recouvert d’une nappe blanche, et une chaise haute pour bébé sur la tablette de laquelle est posé un vase de roses à moitié fanées. A gauche, on devine une grande armoire. Sur le mur blanc, se trouve un miroir reflétant l’artiste.

    Le texte fait allusion
    - à la chanson de feu Allain Leprest, le plus connu des chanteurs inconnus, ‘’Donne-moi de mes nouvelles’’, dans laquelle l’artiste a largement puisé des extraits afin de ne pas gaspiller son temps et son énergie
    - aux aveux des non-dits de l’artiste (sans avouer qu’…, elle se ment et se manque à elle-même)
    - à sa vaine notoriété (la moins connue des artistes inconnus)
    - à son ego surdimensionné (ses nouvelles dont elle est folle)
    - aux roses, symboles de caducité
    - aux droits pour l’avortement qui, en France, se sont assouplies, la notion de détresse ayant été supprimée (avortent)
    - au parfum de rose, symbole d’ivresse et de volupté
    - à tout ce que l'on voudra selon ses propres expériences, ses références culturelles et son imagination

    Le rapport texte/image évoque la vanité du narcissisme et de la notoriété.

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