La démarche

L’idée est, par une approche artistique et sociologique, autant sur le plan social que sociétal, de questionner les vanités contemporaines, le caractère éphémère des choses, voire la futilité des préoccupations humaines.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels n'est que fortuite.

Quelques références : les vanités, les cabinets de curiosités, les ready made, Christian Boltanski, Sophie Calle, Claude Lévêque, Martin Paar...

lundi 5 décembre 2011

Open data, Vanité n°1149

Prisonnière derrière sa fenêtre fermée sur le monde foireux d’un fumiste sfumato enfumé et fumeux, Anne Hecdoth, vannée, ouvre grand les vannes des différentes étapes de programmations de la machine administrative qui l’isolent des opérations opaques d’accessibilité à sa formation escomptée estompée. Dans un réel effort de transparence et pour grossir les effets auditifs elle gazouille sur ce jeu de cache-cache et fouille en profondeur. Aidez-la à trouver l’intrus inclus.
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Dois je comprendre dans ton discours totalement incompréhensible pour moi (excuse-moi, je suis peu sensible à cette forme d'art) que ton stage n'a pas lieu ? Si c'est le cas, j'imagine que tu dois être très déçue, alors je t'apporte un petit signe amical, pour te regonfler le moral. (Anne-Marie L.)
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I am out of the office from 03/12/2011 07:30 until 07/12/2011 10:00. Thanks for your email. Please call the office with any urgent querries in my absence (Virginie C.)
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Tes mots, Anne, me paraissent plus accessibles que le chemin (de croix) qu'ils décrivent, car mon vécu est, en ce moment, étrangement (mais est-ce si fortuit ?) proche du tien. (Eric D.)
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Dieu que cette histoire finit mal
On imagine jamais très bien
Qu'une histoire puisse finir si mal
Quand elle a commencé si bien
On imagine pourtant très bien
Voir un jour les raisons d'aimer
Perdues quelque part dans le temps
Mille tristesses découlent de l'instant

Alors qui sait ce qui nous passe en tête
Peut-être
Finissons-nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé
Tourne ton dos contre mon dos
Que vois-tu je ne te vois plus
Si c'est ainsi qu'on continue
Je ne donne pas cher de nos peaux

Parfois qui sait ce qui nous passe en tête
Peut-être
Finissons-nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé
Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé
Dominique A / Le Courage des oiseaux (Sébastien M.)
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Très belle photo. (Anny C.)
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Je vois une cloche... Mais pour qui sonne la glace ? Je veux dire, l'hiver ? Je veux dire, la vitre ? Et cette image est comme nous, qui avons la vitre devant nous. Et on n'y voit guère à travers. Et à tort... Et avec cette lumière de crépuscule, cela fait froid dans le dos. Tout simplement. (Wañuy Chullunku)
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L'intrus dans notre société est le préjugé ! (Hécate)
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Il faut demander, redemander, espérer ; on se nourrit d'espoirs... Très belle illustration ; la photo est de toi ? (l'Artis'Anne)
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La situation est pénible - à ce que je comprends - mais l'art sauve : courage ! (ella)
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Lassés par les "c'est pas possible", la prise de distance et de hauteur fait apparaître notre  "vieux monde" comme petit, nombriliste et en grand danger : l'administration que le monde entier "ne nous envie plus"  transforme à l'infini "les pas grand chose" en "rien du tout".
Cessons de nous regarder les pieds, car nous n'apercevrons que notre ombre grise !
Notre vieux continent, à tout vouloir expliquer, moraliser, nous fait mourir d'ennui.
On nous a dit que nous étions vieux et inutiles, on nous a mis de côté...
Bonne initiative, merci messieurs les censeurs, aujourd'hui c'est le Pérou, le nouveau monde nous accueille et nous écoute.
Merci encore de nous avoir dit que nous étions vieux cela nous a rajeunis !
Courage fuyons ! (Jacques B.)
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De ce côté de la vitre, nous voyons bien que ces oiseaux ne sont pas comme les autres et qu'ils sont artificiels ; si nous étions de l'autre côté de la vitre, nous pourrions supposer que se sont de véritables oiseaux ; mais à y regarder de plus près nous aurions tôt fait de constater que certains ont la tête à l'envers et que ce n'est pas vraiment normal. Pour la lumière et le supposé paysage dont elle semble émaner, c'est un peu la même chose : de ce côté, la translucidité de la vitre, comme son nom l'indique, laisse passer la lumière, mais pas l'image ; y a-t-il un espace derrière la vitre, un dehors, un ailleurs ? Nous pouvons tout imaginer, le meilleur comme le pire. Mais il est bien possible que la seule réalité tangible qui nous soit donnée à voir est cet univers plein d'illusion, car tout artificiel qu'il soit, il n'en est pas moins réel. Mais rien, pourtant, nous empêchera de chanter, de chanter à tue-tête ; et tant pis pour la vérité car la seule chose vraie est que nous chantons ; et nous chanterons si fort que la vitre volera en éclats. (Juliette C.)
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Anne, tu dis que tu es crevée... fatiguée comment ? Le moral n'a pas l'air au top non plus... Raconte à ta copine... (Cécile B.)
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Contraste intéressant entre la beauté de la photo et la noirceur du texte : que dire de plus ? (Cathy P.)
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Concert baroque ! (l'ambuleuse, mfd)
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Dans et part ce qui est sûr ou tenu pour tel, enclavée, chosifiée, percluse d’amertume, elle hulule un chant obscur dans cette nuit qui laisse le pas à de sombres présages qu'insufflent à son dépend des agents corrosifs crachant leur fiel sous forme de prescriptions, d'obstructions, de conventions... gnomes cyniques pleutres et fourbes débitant leur chapelet de chinoiseries... lèches-bottes incultes planqués derrière leurs formulaires... mais... de quoi ou de qui parle-t-on ? Je n’ai pas trouvé l’intrus inclus... Ô, miroir, mon beau miroir... (Lucius)
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Le ciel, semble-t-il ici, est bleu comme une orange. (Marc V.)
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2 commentaires:

  1. J. CROIX, critique et historien de l'art5 décembre 2011 14:24

    L'image représente de faux oiseaux perchés sur des branchettes devant une fenêtre fermée. Les vitres, en verre dépoli et teinté, laissent passer une lumière diffuse nimbant la scène extérieure, dans un savant contre-jour, d'une couleur feu.

    Le texte fait allusion à
    - la mise en ligne aujourd'hui des données administratives librement accessibles pour plus de "transparence" vis-à-vis des citoyens (open data, ouvre grand, effort de transparence). Voir : http://www.data.gouv.fr/
    - l'isolement dans lequel la machine administrative plonge l'artiste, notamment en bloquant toute communication
    - à ce monde qu'elle quittera sans aucun regret
    - aux effets vaporeux que Léonard de Vinci mit au point pour donner aux motifs des contours imprécis (sfumato, formation estompée)
    - à sa grosse fatigue (vannée)
    - aux plaisanteries qui ont assez duré (vannes)
    - à Gilles Babinet, président du Conseil national du numérique, qui clame : "On doit ouvrir en grand les vannes de l'open data, ce n'est pas seulement un enjeu technique, mais surtout un enjeu politique."
    - aux informations non accessibles de l'Administration et notamment en ce qui concerne le dossier médical de l'artiste qu'on refuse de lui donner sous prétexte que c'est confidentiel (opérations opaques)
    - au 2CA-SH, option A (Certificat complémentaire pour l'adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés, option enseignement et aide pédagogique aux élèves sourds ou malentendants du 2nd degré), que l'artiste est censée préparer (formation estompée – effets auditifs)
    - à ses nombreux messages sur Twitter pour alerter l'opinion (elle gazouille)
    - à l'intrusion des militants de Greenpeace dans la centrale de Nogent-sur-Seine ce matin et aux fouilles systématiques et approfondies de tous les sites nucléaires lancées par le ministère de l'Intérieur pour dénicher les vilains (jeu de cache-cache – intrus)
    - au mot anglais francisé "inclusion" que l'on trouve dans la loi du 11 février 2005 en faveur de la scolarisation des enfants handicapés (inclus).

    Le rapport texte/image évoque l'opacité et la vanité de l'open data, des lois et du système administratif.

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  2. J. CROIX, critique et historien de l'art5 décembre 2011 21:10

    @l'Artis'Anne, l'artiste répond qu'elle n'est pas photographe mais artiste plasticienne. En effet elle n'y connaît rien à la photo mais elle sait créer des images. C'est bien elle qui a pris ce cliché, matériau qu'elle a ensuite travaillé afin de produire les effets voulus.

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