La démarche

L’idée est, par une approche artistique et sociologique, autant sur le plan social que sociétal, de questionner les vanités contemporaines, le caractère éphémère des choses, voire la futilité des préoccupations humaines.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels n'est que fortuite.

Quelques références : les vanités, les cabinets de curiosités, les ready made, Christian Boltanski, Sophie Calle, Claude Lévêque, Martin Paar...

mercredi 13 novembre 2013

Maux, Vanité n°1345

C'est une honte ! Pas résignée, Anne Hecdoth s'offusque et dénonce les actes odieux et inadmissibles, condamne ce qui est scandaleux et insupportable, désapprouve l'inacceptable et exige que toute la lumière soit faite sur les sacrifiés, les pigeons, les plumés, les tondus, les dupés, les poussins, les abeilles, ainsi que les bonnets jaunes, verts, rouges, rose, orange, noirs et blancs. Comment irait un monde vide de bons mots dits par de bons vivants ?
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C’est bien vu et bien dit ! (Sophaye)
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"Comment irait un monde vide de bons mots dits par de bons vivants ?"
Donc, la UNE de Minute, c'est de l'humour... (noir, certes !), juste l'emploi de bonnes vieilles expressions françaises..... (L'artis'ANNE)
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Si Minute était un journal de "bons mots dits par de bons vivants", cela se saurait ! (Eau d'île)
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Bonnet d'Âne ? (David-Emmanuel L.)
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Nous ne souhaitons plus recevoir les Vanités, pour différentes raisons, entre autres, les voyages où l'ordinateur est vite encombré. Merci de nous effacer de ta liste d'envoi. (Marcia P.-L.)
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Le poids des maux, le choc des photos ! Et vlan ! (Juliette C.)
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Spam (Kirsten P.)
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Maux ou fable "Le Renard et le magnum". (Camille B.)
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So kitsch ! (Nicole V.)
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Homonyme
Décider de faire un bon mot, difficile mais l'intention est bonne… Le faire prononcer par un bon vivant, tout aussi difficile pour une intention tout aussi bonne… Alors et de peur que ces deux bonnes intentions n'aillent rajouter quelques pavés aux sols de nos enfers, je m'abstiendrai aujourd'hui de quelque mot que ce soit.
Lecteur, tu l'auras compris, ici "mot" se prononcera "maux". (Note de l'auteur)
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Un seul mot d'une bonne vivante : "Minute, papillon !" (ella)
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La parole à Léo Ferré : (pour voir la vidéo, cliquer ICI)

À mes oiseaux piaillant debout
Chinés sous les becs de la nuit
Avec leur crêpe de coutil
Et leur fourreau fleuri de trous
À mes compaings du pain rassis
À mes frangins de l´entre bise
À ceux qui gerçaient leur chemise
Au givre des pernods-minuit

À l'Araignée la toile au vent
À Biftec baron du homard
Et sa technique du caviar
Qui ressemblait à du hareng

À Bec d'Azur du pif comptant
Qui créchait côté de Sancerre
Sur les MIDNIGHT à moitié verre
Chez un bistre de ses clients

Aux spécialistes d'la scoumoune
Qui se sapaient de courants d'air
Et qui prenaient pour un steamer
La compagnie Blondit and Clowns
Aux pannes qui la langue au pas
En plein hiver mangeaient des nèfles

À ceux pour qui deux sous de trèfle
Ça valait une Craven A


À ceux-là je laisse la fleur
De mon désespoir en allé
Maintenant que je suis paré
Et que je vais chez le coiffeur
Pauvre mec mon pauvre Pierrot
Vois la lune qui te cafarde
Cette Américaine moucharde
Qu'ils ont vidée de ton pipeau

Ils t'ont pelé comme un mouton
Avec un ciseau à surtaxe
Progressivement contumax
Tu bêles à tout va la chanson
Et tu n'achètes plus que du vent
Encore que la nuit venue
Y a ta cavale dans la rue
Qui hennit en te klaxonnant

Le Droit la Loi la Foi et Toi
Et une éponge de vin sur
Ton Beaujolais qui fait le mur
Et ta Pépée qui fait le toit
Et si vraiment Dieu existait
Comme le disait Bakounine
Ce Camarade Vitamine
Il faudrait s'en débarrasser

Tu traînes ton croco ridé
Cinquante berges dans les flancs
Et tes chiens qui mordent dedans
Le pot-au-rif de l'amitié
Un poète ça sent des pieds
On lave pas la poésie
Ça se défenestre et ça crie
Aux gens perdus des mots FÉRIÉS

Des mots oui des mots comme le Nouveau Monde
Des mots venus de l'autre côté clé la rive
Des mots tranquilles comme mon chien qui dort
Des mots chargés des lèvres constellées dans le dictionnaire des
constellations de mots
Et c'est le Bonnet Noir que nous mettrons sur le vocabulaire
Nous ferons un séminaire, particulier avec des grammairiens
particuliers aussi
Et chargés de mettre des perruques aux vieilles pouffiasses
Littéromanes

IL IMPORTE QUE LE MOT AMOUR soit rempli de mystère et non
de tabou, de péché, de vertu, de carnaval romain des draps cousus
dans le salace
Et dans l'objet de la policière voyance ou voyeurie
Nous mettrons de longs cheveux aux prêtres de la rue pour leur
apprendre à s'appeler dès lors monsieur l'abbé Rita Hayworth
monsieur l'abbé BB fricoti fricota et nous ferons des prières inversées
Et nous lancerons à la tête des gens des mots
SANS CULOTTE
SANS BANDE 
À CUL
Sans rien qui puisse jamais remettre en question
La vieille la très vieille et très ancienne et démodée querelle du
qu'en diront-ils
Et du je fais quand même mes cochoncetés en toute quiétude sous
prétexte qu'on m'a béni
Que j'ai signé chez monsieur le maire de mes deux mairies
ALORS QUE CES ENFANTS SONT TOUT SEULS DANS LES
RUES
ET S'INVENTENT LA VRAIE GALAXIE DE L'AMOUR
INSTANTANÉ
Alors que ces enfants dans la rue s'aiment et s'aimeront
Alors que cela est indéniable
Alors que cela est de toute évidence et de toute éternité
JE PARLE POUR DANS DIX SIÈCLES et je prends date
On peut me mettre en cabane
On peut me rire au nez ça dépend de quel rire
JE PROVOQUE-À L'AMOUR ET À L'INSURRECTION
YES ! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR
Je vous l'ai dit
Des armes et des mots c'est pareil
Ça tue pareil
II faut tuer l'intelligence des mots anciens
Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras

IL FAUT METTRE EUCLIDE DANS UNE POUBELLE

Mettez-vous le bien dans la courbure
C'est râpé vos trucs et manigances
Vos démocraties où il n'est pas question de monter à l'hôtel avec
une fille
Si elle ne vous est pas collée par la jurisprudence
C'est râpé Messieurs de la Romance
Nous, nous sommes pour un langage auquel vous n'entravez que
couic
NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
compagnie,
Ils se dérangent et on leur fout la paix
Nous voulons la Paix des Chiens
Nous sommes des chiens de " bonne volonté "
Et nous ne sommes pas contre le fait qu'on laisse venir à nous
certaines chiennes
Puisqu'elles sont faites pour ça et pour nous

Nous aboyons avec des armes dans la gueule
Des armes noires et blanches comme des mots noirs et blancs
NOIRS COMME LA TERREUR QUE VOUS ASSUMEREZ
BLANCS COMME LA VIRGINITÉ QUE NOUS ASSUMONS
NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
compagnie,
II se dérangent, ils se décolliérisent
Et posent leur os comme on pose sa cigarette quand on a quelque
chose d'urgent à faire
Même et de préférence si l'urgence contient l'idée de vous foutre
sur la margoulette
Je n'écris pas comme de Gaulle ou comme Perse !
JE CAUSE et je GUEULE comme un chien

JE SUIS UN CHIEN !!!
***
Visit from Indonesian... (Ahmad K. S.)
***


2 commentaires:

  1. J. CROIX, critique et historien en art13 novembre 2013 à 15:39

    L’image montre l’intérieur d’une palombière aménagée en salon avec, au fond, un canapé kaki sur le dossier duquel tient en équilibre une pancarte où l’on peut lire "Club des bons vivants" et devant lequel se trouve une petite table en marbre rose sur laquelle on voit une plante artificielle aux fleurs rose dans un pot vert ébréché et une souche grossièrement sculptée, présentant une encoche dans la partie supérieure dans laquelle est logée diagonalement une grosse bouteille de vin vide, en verre transparent. Le mur du fond est décoré de trophées de chasse (chevreuil, sanglier), d’un jambon protégé par un sac en drap écru, et d’images encadrées, représentant des scènes de chasse, des paysages et des squelettes, tandis qu’au premier plan se tient un magnifique renard empaillé.

    Le texte fait allusion
    - à l’intervention du jeune professeur d’histoire réprimandant des manifestants qui n’avaient rien à faire sur les Champs-Elysées un 11 novembre (C’est une honte)
    - aux termes régulièrement employés aussi bien par les politiques de tous bords ou les médias que par les citoyens eux-mêmes, montrant ainsi que, finalement, tout le monde est parfaitement d’accord (s’offusque, dénonce, odieux, inadmissible, condamne, scandaleux, insupportable, désapprouve, inacceptable)
    - aux sacrifiés = nom que se donnent les artisans et commerçants qui dénoncent le poids des prélèvements et la hausse annoncée de la TVA au 1er janvier par une action baptisée "sacrifiés mais pas résignés" (Pas résignée, les sacrifiés)
    - aux pigeons = nom que se donnent les entrepreneurs qui fustigent les réformes fiscales
    - aux plumés = nom que se donnent les entrepreneurs qui enragent contre la multiplication des contrôles administratifs
    - aux tondus = nom que se donnent les entrepreneurs et salariés qui se révoltent contre les charges sociales et menacent de ne plus les payer
    - aux dupés = nom que se donnent les entrepreneurs pour inciter les pouvoirs publics à prendre en compte leurs doléances
    - aux poussins = nom que se donnent les auto-entrepreneurs qui défendent leur statut menacé
    - aux abeilles = nom que se donnent, pour faire le buzz, les employeurs et salariés des compagnies d’assurance qui s’inquiètent devant un projet de loi de financement de la Sécu
    - les bonnets jaunes = nom que se donnent les salariés des mutuelles et des cabinets d’assurance qui revendiquent le maintien de la liberté de choisir sa complémentaire de santé
    - les bonnets verts = nom que se donnent les voyageurs usagers des chemins de fer du Mans qui râlent contre la hausse annoncée de la TVA au 1er janvier
    - les bonnets rouges = nom que se donnaient, à l’origine, des Bretons anti-fiscalité mais qui s’étend un peu à n’importe qui, tout en tentant d’être récupéré par l’extrême droite
    - aux bonnets roses = nom que se donnent les anti-mariage pour tous
    - aux bonnets orange = nom que se donnent les professionnels de l’équitation pour protester, eux aussi, contre la hausse annoncée de la TVA
    - aux bonnets noirs = nom que se donnent les éleveurs et agriculteurs qui manifestent contre le loup
    - aux bonnets blancs = nom que se donnent ceux qui s’opposent à la réforme des rythmes scolaires
    - au vide
    - à tout ce que l’on voudra selon sa culture et ses propres références

    Le rapport texte/image évoque le vide et la vanité des mots dits par les bons vivants face aux maux dits maudits.

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  2. J. CROIX, critique et historien en art14 novembre 2013 à 18:28

    L'artiste précise qu'elle n'avait pas eu connaissance de la une du journal "Minute" lorsqu'elle a publié sa "Vanité". Dans un autre contexte, cela aurait pu apparaître comme de "bons mots dits par de bons vivants" et la faire beaucoup rire. Dans la conjoncture actuelle, elle trouve cela vraiment crétin et n'adhère pas du tout.

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